Orthographe : zéro faute, s'il vous plaît !

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Le Parisien | Vincent Mongaillard | Publié le 30.08.2014, 07h09

88 % des Français se disent choqués par une faute d’orthographe dans un courrier administratif, sur le site Internet d’une société ou d’une institution.

C’est un accord de participe passé oublié dans une lettre du centre des impôts, un futur au lieu d’un conditionnel dans la missive du conseiller clientèle en téléphonie mobile. Ces erreurs de langue française nous hérissent le poil au plus haut point ! Près de 9 personnes sur 10 (88 %) se disent choquées quand elles repèrent une faute d’orthographe dans un courrier administratif ou sur le site  d’une entreprise ou d’une institution.

Elles sont aussi 86 % à être heurtées par une coquille dans les correspondances avec… les enseignants ! Voilà ce qui ressort d’une  Ipsos pour les Editions le Robert*, menée dans le cadre du lancement de leur premier correcteur d’orthographe.Ce n’est pas un hasard si les Français exigent de l’administration un zéro-faute. « Le courrier administratif, on prend le temps de le lire et de le relire. On s’attend à ce que l’expéditeur ait fait de même et donc qu’il se soit corrigé », décrypte la linguiste Dominique Le Fur, directrice éditoriale chez le Robert. « L’administration incarne l’ordre établi. Si celui-ci est mixé avec le désordre orthographique, ça nous est insupportable », analyse Pascal Hostachy, patron du Projet Voltaire qui propose à plus de 300 entreprises d’améliorer le niveau d’orthographe de leurs employés.

Une crédibilité entachée

Conscientes de l’impact de bourdes dans les écrits destinés à leurs clients, de nombreuses sociétés veulent soigner leur orthographe. Certaines investissent dans des logiciels correcteurs, d’autres font appel aux services de boîtes spécialisées comme TextMaster, qui passe au peigne fin courriers, plaquettes et sites Web d’entreprises. Un secteur florissant. Et pour cause. La génération SMS, fâchée avec les exceptions de la langue de Molière, est désormais sur le du travail. « La crédibilité de l’auteur de la faute est en jeu. Clairement, ça peut faire rater une vente », prévient Thibault Lougnon, directeur de TextMaster.

A CNP Assurances, des formations sont proposées aux salariés pour être incollables en français. « Depuis une dizaine d’années, un observatoire des courriers clients a aussi été mis en place afin d’améliorer le fond et la forme », précise Anne-Hélène Labat, responsable du département formation professionnelle. A la Sécurité sociale, la vérification de l’orthographe dans les courriers s’effectue par logiciel. « Pour les mails, il existe un système de supervision interne qui fait que l’on contrôle un échantillon régulièrement pour vérifier la qualité », décrit-on à l’Assurance maladie. A EDF, on mise sur les compétences en interne pour traquer la faute. « Chaque courrier personnalisé est relu par une autre personne de la hiérarchie avant envoi, ce qui permet un regard neuf », explique-t-on chez le fournisseur d’énergie tout en reconnaissant « qu’on n’est toutefois jamais à l’abri de coquilles ».

L’erreur d’orthographe est humaine. Les Français ne peuvent pas dire le contraire. Tous ou presque (96%) admettent qu’ils en font. Même s’ils s’avèrent moins tolérants quand les bévues sont décelées chez les autres…

* Etude réalisée du 8 au 12 juillet 2014 sur un échantillon de 1 001 Français âgés de 15 ans et plus.

Êtes-vous un as de l’orthographe ?

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Par : Marie Pâris | Le : 2014-08-15 14h15 

On les fait tous, ces fautes d’orthographe classiques, si courantes qu’on ne les voit plus. Mais restons vigilants ! Voici une liste (non-exhaustive) de 10 erreurs insidieuses à traquer…

Même les meilleurs d’entre nous en font. Les fautes d’orthographe, ça peut arriver à tout le monde, et surtout à cause de ces petites erreurs si récurrentes qu’on n’y fait plus attention.

Et pourtant, une faute dans un contrat, une procédure ou une convention de règlement peut faire si mauvaise impression !

Voici une liste de ces pièges (à apprendre par coeur). Voyez si vous ne vous êtes jamais fait avoir :

– Quelque : Attention, « quelque » ne prend pas de S final quand il a le sens de « environ », « à peu près ». Exemple : Quelque 2 000 personnes étaient présentes à la manifestation…

– A priori : a posteriori, a fortiori… Tous ces mots provenant du latin, le A initial ne prend pas d’accent, puisqu’il n’y en a pas dans la langue d’origine.

– Masculin/féminin : « Augure », par exemple, est masculin. Les mots qui trompent sont souvent ceux qui commencent par une voyelle, pour lesquels on fait une liaison à l’oral. Mais « espèce » est féminin.

– Voire même : Stop aux pléonasmes ! Ces deux mots ont le même sens, et l’expression n’est donc pas correcte. Idem pour « au jour d’aujourd’hui ».

– Après que : Oui, ça sonne très étrangement à l’oreille, mais « après que » est suivi de l’indicatif – c’est d’autant plus troublant que « avant que » est suivi du subjonctif. Exemple : Il a téléphoné après qu’il a appris la nouvelle.

– Élision : Si on écrit bien « qu’il » et non « que il », « s’il » et non « si il », on ne fait pas d’élision avec les mots commençant par H – bien qu’on la fasse à l’oral. Exemples : que hier, le haricot.

– Pallier à : On voit cette expression partout, pour signifier « remédier à ». Mais non, le verbe pallier est transitif et se passe donc de « à ».

– Réaliser : Attention anglicisme ! Ce verbe, qui signifie « rendre réel », « donner existence à », est souvent utilisé dans le sens de « se rendre compte de », qui vient de l’anglais « to realize ».

– Fautes mystère : On écrit bien « cauchemar » sans D final, « dilemme » et pas « dilemne », et « liturgie » sans H.

– Se rappeler : …quelque chose – et non pas « se rappeler de… ». C’est en effet un verbe transitif, et la confusion vient de son synonyme « se souvenir de ». Vous vous en souviendrez ?

Aviez-vous tout bon ?

Découvrez «L'Orthographe pour les Nuls»

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FIGAROVOX/BONNES FEUILLES – A l’occasion de la rentrée scolaire, FigaroVox publie en exclusivité quelques extraits du prochain livre de la collection «Pour les Nuls», «L’Orthographe pour les Nuls» de Florence Ravez et Marianne Gobeaux. La semaine prochaine, «La géométrie pour les Nuls».

Il était une fois, dans la ville de Foix, un marchand de foie qui se disait «Ma foi…»… Ce chapitre attire votre attention sur le cas particulier des homophones, ces mots qui se prononcent de la même façon, bien qu’ayant un sens, une origine et une orthographe différents. S’il vous arrive de les écrire un peu machinalement sans y réfléchir, ou d’hésiter, ce chapitre vous fournit des moyens simples et efficaces pour éviter des confusions qui peuvent être parfois fâcheuses.

Vous hésitez entre ET ou EST ?

ET vous sert à relier deux éléments ; EST provient du verbe/ auxiliaire être au présent, à la 3e personne du singulier. Pour trancher entre les deux orthographes, remplacez par ÉTAIT. Si votre phrase garde un sens, écrivez EST. Sinon, c’est que vous devez écrire ET. Une astuce supplémentaire! Pour confirmer le choix de ET, sachez que vous pouvez le compléter dans la phrase par ET ÉGALEMENT.

Nous avons eu un temps beau… froid. Vous ne pouvez pas dire nous avons eu un temps beau était froid. Il faut donc écrire un temps beau ET (ÉGALEMENT) froid.

Un camion… tombé en panne devant chez moi. Vous pouvez dire un camion était tombé en [auxiliaire être] panne devant chez moi. Il faut donc écrire un camion EST tombé en panne devant chez moi.

Comment facilement distinguer SON et SONT ?

SON est un déterminant possessif, vous l’emploierez donc toujours devant un nom, éventuellement précédé d’un ou de plusieurs adjectifs ; SONT provient du verbe/ auxiliaire être au présent, à la 3e personne du pluriel.

• Vous pouvez remplacer par ÉTAIENT? Écrivez SONT: Les iris sont en fleur car Les iris étaient en fleur.

• Si la phrase n’a plus de sens, c’est que vous devez écrire SON : Il est venu avec son bouquet. car Il est venu avec étaient bouquet. Pour être bien sûr de l’orthographe SON, vous pouvez aussi modifier légèrement la phrase à l’aide d’un équivalent féminin précédé de SA. Si cela fonctionne, c’est bien SON que vous devez écrire.

Elle est venue avec… horrible petit ami. Vous ne pouvez pas dire elle est venue avec étaient horrible petit ami, mais vous pouvez transformer en elle est venue avec sa gentille petite amie. [adjectifs + nom]

Il faut donc écrire son horrible petit ami.

Il existe deux noms que vous orthographierez aussi SON: le son, celui que mange l’âne, et celui que vous entendez!

Ne vous emmêlez pas entre ON et ONT !

Vous écrivez ONT s’il s’agit du verbe/auxiliaire avoir à la 3e personne du pluriel au présent ; ON est toujours un pronom.

Vous choisirez ONT les yeux fermés si vous pouvez le remplacer par AVAIENT et que la phrase garde un sens: Ils ont (= avaient) adoré ta présentation. Si elle n’a plus de sens, c’est que vous devez écrire ON: on adore ta présentation.

En plus du test avec AVAIENT, vous confirmerez l’orthographe ON si vous pouvez le remplacer dans la phrase par NOUS ou par QUELQU’UN.

C’est quand… est jeune qu’il faut voyager.

La phrase c’est quand avaient jeune qu’il faut voyager ne veut rien dire, vous devez donc écrire c’est quand on est jeune qu’il faut voyager.

Vous hésitez encore? Remplacez par NOUS/QUELQU’UN: c’est quand nous sommes jeunes/c’est quand quelqu’un est jeune qu’il faut voyager.

Un mauvais réflexe à faire disparaître! Comme ON peut être l’équivalent de NOUS, vous pourriez être tenté de choisir d’écrire SONT à cause du pluriel. Surtout pas! ON est un pronom de la 3e personne du singulier, l’accord du verbe vous le rappelle. On ne travaille pas le 1er mai. [verbe à la 3e personne du singulier]

 Marianne Gobeaux

Une commune française rend hommage à Voltaire… avec des fautes d'orthographe

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INSOLITE

RÉDACTION EN LIGNE Publié le – Mis à jour le 

Si la commune française de Ferney-Voltaire située en région Rhône-Alpes fait l’actualité, ce n’est pas pour son patrimoine culturel ou pour ses spécialités culinaires mais bien pour ses panneaux en hommage au célèbre écrivain à qui elle doit son nom. Ceux-ci ont en effet la particularité de contenir… des fautes d’orthographe. C’est le Dauphiné libéré qui a déniché ces perles.

« Ni l’abstinance, ni l’excès ne rendent un homme heureux », « (…) se souvenir qu’ils sont fréres », etc. Qu’il s’agisse de fautes de syntaxe ou d’orthographe, ces erreurs gravées dans le bronze ne pourront pas être facilement corrigées. En effet, la commune devra faire desceller les plaques et les refondre, deux étapes qui vont coûter cher. Voilà une affaire qui met le nouveau maire de la commune, Daniel Raphoz dans l’embarras puisqu’une simple relecture aurait permis d’éviter ces désagréments.

Capture twitter d’une photo du Dauphiné Libéré

L'Éducation nationale "faute" dès sa rentrée

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L’Éducation nationale, orpheline depuis que son ministre Benoît Hamon a annoncé hier son refus de participer au prochain gouvernement, a débuté aujourd’hui la formation des professeurs des écoles stagiaires de Toulouse avec une faute d’orthographe dès la première image du diaporama projeté pour l’occasion.

C’est une dénommée Virginie (@virginie_vlle) qui a repéré et signalé sur Twitter la faute. « Rentré scolaire des professeurs des écoles stagiaires » (sic) était ainsi écrit sur l’image en question. De quoi adresser un zéro en termes de crédibilité à l’Éducation nationale, selon la professeur stagiaire. Ou comment rater sa rentrée, en somme.

 

Pourquoi les journalistes (et d'autres) font des fautes d'orthographe

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On a beau se relire 15 fois, lorsqu’on passe un article en ligne, une coquille peut nous échapper. Crispant ! Mais il paraît que ça n’est pas de notre faute.

La faute d’orthographe qui crève les yeux des lecteurs (ainsi que les nôtres, quand on finit par s’en apercevoir) et qui passe parfois dans nos articles, c’est notre plus grande hantise. Devant les chiffres d’audience, devant les réunions éditoriales et même, devant les réunions en one-to-one avec notre chef. Parce que laisser passer une coquille lorsque l’on travaille avec les mots, c’est la honte intersidérale. On le sait.

Certaines ne s’y trompent pas, qui nous le signalent avec plus ou moins de ménagement dans les commentaires ou sur notre page Facebook !

Oui mais, il paraîtrait que ça ne serait pas de notre faute à nous. C’est en tout cas ce qu’affirme le psychologue Tom Stafford dans un article de Wired. Il explique ainsi que lors de la phase d’écriture, le cerveau s’attache en priorité au fond plus qu’à la forme. La priorité définie automatiquement par notre cerveau est ainsi de transmettre un sens : l’exercice d’écriture est généralisé et exclut ce faisant les détails.

Résultat, on a beau se relire avant de publier, on ne verra pas ce mot qui manque, cette faute d’accord ou cet impératif mal conjugué.

La solution ? Demander à une tierce personne de nous relire avant de vous soumettre nos publications : les lecteurs, que ce soit vous ou des collègues journalistes, qui découvrent notre texte empruntent pour la première fois le cheminement de notre pensée. Résultat, aucun « détail » ne leur échappe.

Comme le dit Slate, qui a relayé l’information de Wired, on espère sincèrement qu’aucune faute ne s’est glissée dans cet article. Et si c’était le cas, on compte sur votre indulgence maintenant que vous tenez une explication !

 Par Delphine Desneiges